Edito

Il y a aujourd’hui à travers les pays développés une dualité entre la nécessité de produire des aliments et la prise de conscience croissante de la perte de durabilité du système de production, parce qu’avec le temps, l’agriculture intensive a dégradé nos sols et en a appauvri la biodiversité.

En 2020, nous n’avons plus le choix d’utiliser davantage de terres pour accroître la production ; la pression concurrentielle sur l’usage des sols est trop forte. En France par exemple, nous avons déjà perdu l’équivalent d’un département français de terres agricoles en 10 ans au profit de l’urbanisation.
L’expérience acquise par le déclenchement de déséquilibres environnementaux dans les pays développés doit permettre de ne pas reproduire de mauvaises pratiques productives dans les pays en développement.

Devrions-nous toujours mettre en opposition la production alimentaire et la santé des sols, ou la réduction des émissions de gaz à effet de serre ?
Trois ambitions majeures doivent être portées par l’agriculture au cours de notre siècle : elle doit jouer un rôle central dans lutte contre les effets des changements climatiques, tout en assurant la sécurité alimentaire et la préservation de la biodiversité.

Le climat n’a pas de frontière. Nous pouvons agir à l’échelle planétaire. En ce sens, KILIMO est un projet collaboratif de recherche et d’innovation technologique qui contribue à faire gagner à l’agriculture en performance tout en préservant l’environnement au Kenya.

Le stockage du carbone dans les sols agricoles est une des solutions pour faire de la production agricole une filière durable. L’initiative 4 pour 1000 estime qu’une augmentation annuelle de 0,4 % de la séquestration du carbone dans les premiers 30 à 40 cm de sol peut suffire à compenser la perte de CO2 dans l’atmosphère liée aux activités humaines. Et c’est toujours un objectif atteignable s’il y a un changement réel dans les  systèmes agricoles.
itk est membre de l’initiative 4 pour 1000, et le projet KILIMO pour la transformation de l’agriculture kenyane est une action concrète qui contribue à cette initiative.

Grâce aux outils de modélisation agronomique, de nouvelles voies sont explorées afin que les systèmes agricoles allient des niveaux de production optimaux, avec des applications d’intrants minimales et des pratiques agricoles qui assurent la séquestration du carbone dans les champs.

Le processus de prise de décision pour combiner tous les facteurs – quantité d’irrigation, date de fertilisation, pratiques favorisant la séquestration de carbone, etc. – est complexe à appréhender. C’est pourquoi, chez itk, nous rendons accessibles les résultats de la recherche agronomique au travers de services de pilotage simples visuellement (OAD) issus de la modélisation des cultures et de l’intelligence artificielle (développés précédemment pour l’UE et les USA), déjà commercialisés et utilisés pour l’agriculture de précision.

Au sein du consortium du projet KILIMO, nos partenaires disposent également de solutions et d’outils qui fournissent de l’imagerie satellitaires et des observations locales de terrain. Basée sur un échange de données (big data) et de transfert de connaissances technologiques, cette coopération va permettre de créer un outil innovant, simple à utiliser et disposant d’une valeur ajoutée majeure. Cette avancée ne sera pas seulement au service de l’agriculture de précision, mais aussi de l’agriculture de conservation des sols et de l’agriculture régénérative.

Je suis très fière qu’itk fasse partie d’un projet qui vise à prouver que la conciliation de la productivité, de la rentabilité et de la protection de la santé des sols est possible, avec la collaboration d’autres partenaires qui ont la même conviction et le même but. Le comté de Vihiga sera un pionnier et un modèle pour les autres comtés du Kenya, pour d’autres pays africains et à travers le monde. Nous prouverons qu’un système agricole peut être conduit de la manière la plus durable, rester hautement productif et en même temps préserver la santé de nos sols et promouvoir des pratiques qui diminuent de manière significative les effets de la perte de CO2 et du changement climatique. »

Aline BSAIBES, Directrice Générale d’itk